Saturday, June 27, 2009

Sa. 20 Juni - Zürich / Eglisau

La Suisse, c'est un peu comme la Hollande, le meilleur moyen de la parcourir, c'est à vélo. J'avais été un peu refroidi en arrivant à Zürich quand, à peu près 24h après avoir réceptionné mon vélo relocalisé de Toronto, quelqu'un l'avait volé sous ma fenêtre.
Depuis lors, j'utilisais quotidiennement le service de location de vélos gratuit de la ville, mais je me suis finalement dit que ce serait plus pratique d'en avoir un à moi. Appliquant donc les coutumes locales, une nuit, j'ai pris un vélo qui se reposait sous une fenêtre (mais non d'abord, je l'ai bêtement acheté au magasin, et avec lui, un gros cadenas).

Je l'ai choisi avec beaucoup de soin, regardant sa taille, sa stature, ses dents, ses muscles (enfin, en même temps, les muscles qui propulsent le vélo, je les avais déjà sur moi)... Un truc auquel on fait peu attention quand on achète un vélo, c'est la consommation: on oublie souvent ce facteur. J'étais très étonné dès lors de devoir aller à la pompe et faire le plein d'air tous les 20 kms, parfois moins. A part ce problème, j'en suis très content; à ce jour, il passe tranquillement ses nuits sous la fenêtre et ne fugue pas.

Concernant mon problème de consommation donc, j'ai découvert que ça s'appelait une crevaison et que ça se soignait. Il a fallu m'y reprendre à 4 ou 5 fois, mais je suis devenu le roi de la rustine (et aussi un habitué du marchand de vélo, qui me reconnaît et ricane quand j'entre dans son magasin, style le disquaire de Gemain et nous quand il voit apparaître Pilou, son meilleur pigeon client). Au final, c'est à mon flair infaillible que je dois d'avoir localisé une vicieuse tête de clou qui avait trouvé refuge dans mon pneu (non sans avoir tout aussi brillamment localisé une autre matière(*) qui avait tout aussi vicieusement trouvé refuge dans mon pneu, sans danger celle-là pour la chambre à air, mais gênant cependant considérablement les travaux).

En fin de compte, le temps se prête plutôt bien aux balades à vélo, et le pays est généreux en vues, paysages et moments enchanteurs.



(*)Il doit y avoir une seule crotte de chien dans toute la ville, il a évidemment fallu que je me la prenne!

Sunday, June 21, 2009

Mo. 8 Juni - Only This Moment [Röyksopp]

J'ai changé de projet récemment. Dans mon projet précédent, il y avait des boules de toutes les couleurs et on devait les envoyer dans des trous au moyen de baguettes géantes. Maintenant, au lieu d'une seule baguette géante, on a chacun quelques brochettes de bidules colorés, et en les agitant, on doit tenter d'envoyer la balle unique dans un trou. C'est pas fondamentalement différent, mais c'est bon de changer son quotidien de temps en temps et d'apprendre une nouvelle discipline.

Sa. 20 Juni - Zürich / Limmat und Sjhl

J'ai découvert un phénomène suprenant ici: une rivière bicolore.



En fait, l'explication se trouve 100m en amont. La ville est traversée par deux rivières, qui se rejoignent juste derrière chez moi: La Limmat (bleue, à gauche), qui sert de trop-plein au lac, et la Sihl (brune, à droite), qui vient d'une vallée avoisinante.

Pour bien les reconnaître l'une de l'autre, les autorités (qui sont toujours soucieuses d'une bonne organisation des choses) ont décidé de les peindre dans des coloris différents: bleu cobalt pour la Limmat, brun ferraille pour la Sihl. Alors le défi suivant, ç'a été de peindre les rivières. J'ai bien ma théorie sur le fait que pour ce faire, on installe des usines chimiques adéquates qui rejettent ce qu'il faut: aciérie pour la ferraille, fabrique d'aluminium pour un effet paillettes, papetrie pour l'aspect soyeux, Nesquick-erie pour l'arôme chocolat, centrale nucléaire pour les petits poissons fluos,...

Mais la seule usine que j'ai recensée c'est la Rote Fabrik sur le bord du lac (voir cet autre post sur l'endroit), et on n'y fabrique plus que des bitus, qui ne sont pas connus pour colorer l'eau en bleu...

Je continue donc mes investigations...

Thursday, June 11, 2009

Mo. 8 Juni - Il Divo

Après un bon mois d'abstinence, j'ai retrouvé avec plaisir le chemin des salles obscures et j'ai entamé ma rentrée cinématographique avec des films aussi obscurs que les salles... Låt den rätte komma in et Il Divo. Ils n'ont pas grand chose en commun si ce n'est une bande annonce trompeuse: dans les deux cas, elle donne l'impression d'un film nettement plus violent qu'il n'est réellement, en contenant absolument toutes les scènes violentes du film.
Le premier, loin de l'Exorciste qu'on pouvait en attendre, se transforme en un film lent et bizarre, à l'ambiance lourde et glauque, avec un vampire touchant et sensible (mais tout-de-même un peu sauvage et buveur de sang à ses heures).

Le second, je vous laisse vous faire une idée d'après la bande de lancement:



On voit bien le film à mafia, avec les bons (juges, flics, ministres...) qui traquent les vilains (truands, ministres, juges, flics...) puis qui se font trahir et truander, non?
Eh bien, non.
Le film est très bien réalisé, le son est remarquable (et termine par un étonnant Da da da), les acteurs sont pas mauvais, mais ç'aurait été pas mal d'adapter un rien l'histoire de la vie du gars (on suit Guilio Andreotti, qui a été premier ministre à répétition en Italie dans les années 80 -- leur Wilfried Martens en quelque sorte) pour en faire un film.
Au lieu de ça, on a l'impression d'avoir un condensé reader's digest d'un documentaire de 20 heures sur la vie du gars, où on fait intervenir un tas de personnages, en général selon le mode: Voici Guiseppe, journaliste, Pan! il est mort. Vingt-cinq personnages plus tard, c'est un peu compliqué de se souvenir que celui-là justement qui n'est pas (encore) mort, il était quoi encore au juste? Juge? Mafieux? Copain du gars? Ou c'est juste le portier de l'hôtel?

En gros, je recommande de s'armer d'un calepin et prendre des notes pendant le film. Ou alors, réviser son cours d'histoire italienne avant d'aller voir, comme pour l'opéra.

Thursday, June 4, 2009

Sun. 26 Apr. - San Francisco / Point Reyes

San Francisco est une ville étonnamment délimitée: il y a le Golden Gate bridge, ce pont magnifique, qui sépare très nettement la ville (son port, son quadrillage de rues, ses maisons, ses buildings, ses sans-abris...) et le nord (sa côte, ses plages, ses arbres, sa route unique, ses oiseaux et ses ours). En fait, c'est pas tant le pont qui sépare que le détroit qu'il enjambe, mais le résultat est le même: une fois passé le pont, on est dans la campagne.

Il y a une route unique et magnifique qui s'enfonce dans la campagne le long de la côte du Pacifique, la Highway 1.

La route est bien assise, en état impeccable (ça vaut la peine de le mentionner, ça doit être la seule dans tout l'Etat... en général, c'est plutôt des routes en emmenthal), serpente joyeusement au milieu de paysages splendides, un plaisir à conduire... ce serait même presque le bonheur si l'agence de location nous avait refilé une vraie voiture, et pas une Dodge automatique, qui est plus proche de la famille des brouettes.

De toute façon, il n'y a pas tellement de quoi faire le James Bond puisqu'on a l'occasion de dépasser une fois tous les 30 kilomètres, et que le parcours est forcément truffé de lents.

(PS: La belle photo professionnelle est pas de moi, elle vient de ce gars-là. L'autre, qui est un peu floue, mal cadrée et de guinguois, celle-là elle est de moi).

Au bout de la route se trouve le parc enchanteur de Point Reyes, tout en falaises embrumées avec son vieux phare rouge à la Peter et Elliott, on peut même y voir des baleines par beau temps!... Enfin en ce qui nous concerne, on avait apparemment pris l'option "hike de base" et on a vu des arbres au pied de la colline, des arbres en montant, et au sommet, encore des arbres (et un bambi aussi, tiens!)


Et, en rentrant vers San Francisco, le pont qui signale qu'on est arrivés, bienvenue à la maison.