Avec quelque inquiétude quant à la possibilité de poursuivre mes aventure cyclistes, poudreuses et aquatiques au milieu de la ville, je m'élance aujourd'hui pour une aventure d'un an en Inde, à Bangalore. Ca pour un changement de vie! Mais en échange de mon vélo, mes skis et mon maillot, je vais recevoir Shikha, du soleil toute l'année, des couleurs des odeurs et des saveurs à découvrir...
La suite de mes aventures sur Bangaloreusement Vôtre
Wednesday, July 13, 2011
Sunday, June 26, 2011
Sam. 18 juin - Le chef.
Le lendemain, nous avons visité la chefferie de la région. Alors une chefferie, c'est là où habite un chef, bien sûr. Enfin, le chef, sa petite famille, et sa cour. C'est un endroit où il y a de la sagesse, de la tradition, pas mal de respect et de révérences, et plein d'enfants. Genre une centaine d'enfants. Tous les siens. Un fameux lapin, le chef, l'est pas chef pour rien!
La progéniture du chef (enfin, un extrait), posant pour la postérité. Comme tous les enfants du monde, ils savent très bien ce qu'est un appareil photo numérique.
Après le coup de la chefferie (où l'on a par ailleurs été très bien reçus), on a terminé la visite de Bangangté par un autre banquet plein de bonnes choses.
Des bonnes choses! Enfin, pas au goût de la malheureuse végétarienne de notre groupe (qui s'est rabattue sur les délicieux avocats gros comme des melons)
A chaque arrêt, le van est assailli d'ananas, de mangues, de bananes etc.
On dirait pas comme ça, mais le marché des communications est une vraie mine d'or ici... de là à dire que les opérateurs s'engraissent abusivement aux dépens d'une population qui a bien d'autres besoins pour ses maigres resources, il n'y a qu'un pas...
La progéniture du chef (enfin, un extrait), posant pour la postérité. Comme tous les enfants du monde, ils savent très bien ce qu'est un appareil photo numérique.Après le coup de la chefferie (où l'on a par ailleurs été très bien reçus), on a terminé la visite de Bangangté par un autre banquet plein de bonnes choses.
Friday, June 24, 2011
Ven. 17 juin - Bangangté
Après la conférence, nous avons été invités des charmants participants, staff d'une petite entreprise tech du coin, à passer le week-end dans leur résidence de campagne, en toute simplicité. On s'est donc tous empaquetés dans le mini-van (à genre 11, là où le compte des places plafonne à 15, tous sièges d'appoint déployés, avec bagages sur les genoux etc...)
On était encore loin du compte des normes d'occupation locales qui lui, doit bien atteindre les 24 clients.
pour faire les 240 kms qui nous séparent de Bangangté, petite ville perchée dans les collines dans l'intérieur du pays.

240 Kms, ça laisse le temps (plus ou moins 5 heures) pour admirer le paysage, qui est en effet admirable: forêts de palmiers, jungle, villages, fermes, routes de terre rouge, tout un festival de couleurs chatoyantes, le tout enveloppé dans les nuages accrochés aux flancs des montagnes, c'est magnifique!

... Mais ce n'était encore rien comparé à ce qui nous attendait à l'arrivée: «la petite maison de campagne, en toute simplicité». D'abord, il n'y avait pas une maison de campagne, mais deux ou trois, surplombées par un palace de campagne, le tout dans un jardin grand comme la moitié de Zurich. Le palace est "pratique pour recevoir les invités": il y a deux ou trois salons, une bonne dizaine de suites avec salles de bain privées, des terrasses à n'en plus finir, une salle d'eau avec sauna, piscine, autre piscine, jacuzzi... Le tout décoré avec soin et boiseries exotiques, marbre du pays, vraiment pas désagréable du tout.
Ca faisait un peu vieux manoir anglais, avec le petit salon, la bibliothèque, le fumoir etc. On a attendu le colonel Moutarde pour faire un cluedo, mais il n'est jamais venu.
L'accueil était à la hauteur de l'endroit et on a eu droit à un petit festin gastronomique royal, dans une ambiance super convivale, "les amis de mes amis sont mes amis", le tout sous les étoiles, la lune et une douce soirée d'été.
pour faire les 240 kms qui nous séparent de Bangangté, petite ville perchée dans les collines dans l'intérieur du pays.
240 Kms, ça laisse le temps (plus ou moins 5 heures) pour admirer le paysage, qui est en effet admirable: forêts de palmiers, jungle, villages, fermes, routes de terre rouge, tout un festival de couleurs chatoyantes, le tout enveloppé dans les nuages accrochés aux flancs des montagnes, c'est magnifique!
... Mais ce n'était encore rien comparé à ce qui nous attendait à l'arrivée: «la petite maison de campagne, en toute simplicité». D'abord, il n'y avait pas une maison de campagne, mais deux ou trois, surplombées par un palace de campagne, le tout dans un jardin grand comme la moitié de Zurich. Le palace est "pratique pour recevoir les invités": il y a deux ou trois salons, une bonne dizaine de suites avec salles de bain privées, des terrasses à n'en plus finir, une salle d'eau avec sauna, piscine, autre piscine, jacuzzi... Le tout décoré avec soin et boiseries exotiques, marbre du pays, vraiment pas désagréable du tout.
L'accueil était à la hauteur de l'endroit et on a eu droit à un petit festin gastronomique royal, dans une ambiance super convivale, "les amis de mes amis sont mes amis", le tout sous les étoiles, la lune et une douce soirée d'été.
Tuesday, June 14, 2011
Mar. 14 Juin - Akwa
Pendant une petite semaine, je participe à une conférence de Google à Douala, au Caméroun, comme ça je combine les métiers de SDF (j'ai rendu les clés de mon zürichois appartement vendredi dernier, j'ai donc dû signaler très officiellement aux autorités helvétiques que je ne résidais plus sous leur juridiction. Et Vishnou sait quand j'aurai à nouveau un domicile, en Inde) et de globetrotter. C'est aussi une bonne manière de quitter Zürich mine de rien, et de faire une transition plus douce vers l'Inde. Quoi que... "plus douce"... A entendre la ronde des klaxons et pétarades de motos en bas de l'hotel, je me sens déjà là-bas.
A l'hotel Akwa, j'ai été accueilli par Spirou
Jusqu'ici je n'ai pas encore vu grand chose du pays (ni même de la ville): le trajet de l'aéroport jusqu'à l'hôtel, la piscine de l'hôtel, le resto le plus chic de la ville et l'endroit retenu pour accueillir la conférence: un batiment en construction (je dois avouer que le pari est assez osé, mais on compte sur un effet garage-start-up et pour être sûr de mettre les priorités au bon endroit, on a tout misé sur une ligne internet à haut-débit fiable).

C'est étonnant d'ailleurs de voir comment Google en Afrique, c'est pas du tout Google en Europe. En Europe, tout est dans le gigantisme: on crée un système de mails pour 10 milliards d'utilisateurs (la version suivante visera probablement les 100 milliards), faire des data-centers d'un milliard de CPUs, un nouveau système de pub qui sera un flop s'il ne ramène pas au moins un millard de $ par an, etc. Le mot-clé qui est lâché le plus dans les réunions stratégiques, c'est "milliard" (souvent au pluriel). Un projet ne retient l'attention que s'il vise un milliard de ... quelque chose (p. ex., des mille sabords).
Ici en Afrique, le mot-clef c'est "entrepreneurs", il sort à peu près 3 fois par phrase. Google se présente un peu comme le jardinier qui vient labourer et fertiliser* le lopin de terre technologique du coin pour que les entrepreneurs puissent croître et multiplier. Mais il n'est question que d'eux, et de garage, geeks, internet et surtout smart-phones. Et je suis surpris du succès de l'internet des smart-phones et du tweet ici.
(*) Je pense qu'il s'agit aussi un peu d'arracher des mauvaises herbes et manger des limaces.
A l'hotel Akwa, j'ai été accueilli par SpirouJusqu'ici je n'ai pas encore vu grand chose du pays (ni même de la ville): le trajet de l'aéroport jusqu'à l'hôtel, la piscine de l'hôtel, le resto le plus chic de la ville et l'endroit retenu pour accueillir la conférence: un batiment en construction (je dois avouer que le pari est assez osé, mais on compte sur un effet garage-start-up et pour être sûr de mettre les priorités au bon endroit, on a tout misé sur une ligne internet à haut-débit fiable).
C'est étonnant d'ailleurs de voir comment Google en Afrique, c'est pas du tout Google en Europe. En Europe, tout est dans le gigantisme: on crée un système de mails pour 10 milliards d'utilisateurs (la version suivante visera probablement les 100 milliards), faire des data-centers d'un milliard de CPUs, un nouveau système de pub qui sera un flop s'il ne ramène pas au moins un millard de $ par an, etc. Le mot-clé qui est lâché le plus dans les réunions stratégiques, c'est "milliard" (souvent au pluriel). Un projet ne retient l'attention que s'il vise un milliard de ... quelque chose (p. ex., des mille sabords).
Ici en Afrique, le mot-clef c'est "entrepreneurs", il sort à peu près 3 fois par phrase. Google se présente un peu comme le jardinier qui vient labourer et fertiliser* le lopin de terre technologique du coin pour que les entrepreneurs puissent croître et multiplier. Mais il n'est question que d'eux, et de garage, geeks, internet et surtout smart-phones. Et je suis surpris du succès de l'internet des smart-phones et du tweet ici.
(*) Je pense qu'il s'agit aussi un peu d'arracher des mauvaises herbes et manger des limaces.
Monday, May 30, 2011
Mo. 30 Mai - L'esprit d'entreprise
En face des bureaux de Google, il y a des bureaux quasi identiques qui sont occupés par les gars d'Ernst & Young. Une différence qui saute aux yeux du visiteur profane est que l'immeuble de gauche est nettement plus densément peuplé en cravates et attaché-case que celui de droite (et les sandales et shorts en proportion inverse). Enfin, les cravates c'est pour les hommes. En ce qui concerne les femmes,... sans même entrer dans les détails de l'accoutrement, disons simplement que dans l'immeuble de gauche, il y en a.
Une autre distinction apparaît au premier coup d'œil aux parkings à vélo disposés aux entrées des immeubles.
Celui de Google: un doux capharnaüm du genre "encombré" (il y en a un second derrière le coin)
Celui de chez-Ernst-d'en-face: ils sont pas nombreux, les attaché-case à venir en vélo au travail. D'ailleurs, à bien observer le premier de la série, je doute qu'il appartienne à un attaché-case, tiens...
Une autre distinction apparaît au premier coup d'œil aux parkings à vélo disposés aux entrées des immeubles.
Celui de Google: un doux capharnaüm du genre "encombré" (il y en a un second derrière le coin)
Celui de chez-Ernst-d'en-face: ils sont pas nombreux, les attaché-case à venir en vélo au travail. D'ailleurs, à bien observer le premier de la série, je doute qu'il appartienne à un attaché-case, tiens...
Saturday, May 28, 2011
Sa. 28 mai - The tree of life
Je suis sorti du film "The tree of life" (non, pas de lien, ce ne sera pas nécessaire...), à la moitié du film (je serais parti plus tôt si j'avais eu le courage de déranger les autres victimes spectateurs).
Ce film mystico-lamentable est un remix entre une présentation powerpoint du cours de religion (des belles zimages du monde avec de la belle zizique) et les films souvenirs d'une famille américaine banale. Alors déjà les films souvenirs de ma famille à moi, ça va à petites doses, mais celles d'une famille inventée d'une banlieue du Texas, franchement!... Pour arranger l'ensemble, le tout baigne dans des références religio-mielleuses du pire effet, je crois que je peux d'ores et déjà lui décerner l'oscar du pire film (était-ce d'ailleurs bien un film?) de la décennie. Sisi, pire que le dernier Stallone!
Enfin, une chose est claire, c'est que Hollywood est sur la bonne voie pour empêcher le téléchargement illégal: encore quelques-uns comme ça et même gratuite, je ne voudrai plus voir leur merde.
PS: Preuve qu'il en faut pour tous les gouts, les commentaires que j'ai lus sur IMDB sont dithyrambiques et crient au chef-d'œuvre. Je suppose donc qu'il existe un fan-club dans le style mystico-lamentable aussi.
Ce film mystico-lamentable est un remix entre une présentation powerpoint du cours de religion (des belles zimages du monde avec de la belle zizique) et les films souvenirs d'une famille américaine banale. Alors déjà les films souvenirs de ma famille à moi, ça va à petites doses, mais celles d'une famille inventée d'une banlieue du Texas, franchement!... Pour arranger l'ensemble, le tout baigne dans des références religio-mielleuses du pire effet, je crois que je peux d'ores et déjà lui décerner l'oscar du pire film (était-ce d'ailleurs bien un film?) de la décennie. Sisi, pire que le dernier Stallone!
Enfin, une chose est claire, c'est que Hollywood est sur la bonne voie pour empêcher le téléchargement illégal: encore quelques-uns comme ça et même gratuite, je ne voudrai plus voir leur merde.
PS: Preuve qu'il en faut pour tous les gouts, les commentaires que j'ai lus sur IMDB sont dithyrambiques et crient au chef-d'œuvre. Je suppose donc qu'il existe un fan-club dans le style mystico-lamentable aussi.
Wednesday, May 11, 2011
Alors on danse
Dans la série je bosse pour YouTube, alors je vais même de temps en temps y jeter un œil... Voilà que j'y ai trouvé (enfin j'ai été aidé) un truc bien de chez nous, tiens
«Un truc qui donne envie de pique-niquer!»
«Un truc qui donne envie de pique-niquer!»
Sunday, May 1, 2011
Saturday, March 19, 2011
Je. 17 Fév. - Le lac Rose
La particularité du Lac Rose (et ce pourquoi il est rose, quoique quand on l'a visité il était plus orange que rose), c'est qu'il est bourré de sel. Au point qu'on y flotte sans effort, comme dans la plus célèbre mer morte. On s'est donc fendus de cette expérience surprenante. En plus, tout le monde nous a dit qu'un bain au sel de magnésium (oui en plus, il est salé exotique) était très bon pour la santé.
Sans les mains (ni les pieds -- sisi, c'est mes pieds, avec mes 5-fingers)!
Les Sénégalais sont un peuple très accommodant.
Une "église", où les cloches sont dotées de hauts-parleurs.Là où des tas d'autres voient raison à chamaille, les gens d'ici préfèrent les arrangements tranquilles. Par exemple en terme de religion, ça donne ceci: Il y a plein de musulmans? Pas de problème, au lieu de construire des nouveaux minarets (ou de se le faire interdire, cf. la votation suisse de l'an dernier...), on recycle les églises désertées, après tout si l'endroit faisait l'affaire avec les uns, les autres peuvent s'en accommoder.
Ça marchande sérieux, mais au fond la vie est tranquille.
Les Sénégalais sont un peuple très accommodant.
Wednesday, March 9, 2011
Mi. 16 Feb. - Le Lac Rose
On arrive donc au Lac Rose et, dans un ballet qui commence à nous être familier, la réception est assurée par une grappe de gars qui nous donnent des instructions vaguement compatibles quant à où on doit aller s'enregistrer, et surtout où on doit aller jeter un coup d'œil dans la boutique (rien que pour voir, pas pour acheter!).
Notre nouvelle maison est en fait une hutte dans un village de vacances au bord du lac, c'est un peu Les Bronzés sans les G.O., sans les touristes et sans la musique idiote. Bref, c'est presque le paradis.

Le soir, on va dire bonjour au campement de la dame qui, sur couchsurfing, nous avait recommandé toute cette affaire: une passionnée de chevaux qui vit ici depuis 20 ans. Elle accueille pour l'instant un groupe d'étudiants allemands qui étaient de passage pour assister au forum altermondialiste de la semaine dernière à Dakar.
On est occupés à faire connaissance autour du feu quand je vois des préparatifs qui se mettent à circuler: un pot qui cuit sur le feu, une assiette avec un peu de matériel, un gros sachet de poudre blanche et un petit sachet de feuilles sechées... Je suis un peu surpris par le mode opératoire, qui consiste à plonger les feuilles dans le pot, puis une bonne dose de poudre aussi, puis enfin de verser plusieurs fois le liquide du pot dans des verres, afin de finalement déguster un excellent... thé à la menthe.
Les gens du coin sont tous très amicaux, sont très ouverts («Viens voir, même si tu ne veux rien acheter, ça me fait plaisir!», «Salut, tu vas bien? Ici c'est tranquille hein? Quand tu veux, tu peux venir faire un tour à la boutique») et nous racontent des histoires qui se terminent en général par la visite d'une échoppe avec des tas de bidules à vendre (et des remises de prix parce qu'on est amis).

Jusqu'ici on s'en est sortis avec de vagues «On vient d'arriver, laissez nous le temps de souffler, on passera demain» sauf que du coup, je pense qu'on est attendus demain dans une bonne dizaine de ces échoppes, il va encore falloir ruser.
Le soir, on va dire bonjour au campement de la dame qui, sur couchsurfing, nous avait recommandé toute cette affaire: une passionnée de chevaux qui vit ici depuis 20 ans. Elle accueille pour l'instant un groupe d'étudiants allemands qui étaient de passage pour assister au forum altermondialiste de la semaine dernière à Dakar.
On est occupés à faire connaissance autour du feu quand je vois des préparatifs qui se mettent à circuler: un pot qui cuit sur le feu, une assiette avec un peu de matériel, un gros sachet de poudre blanche et un petit sachet de feuilles sechées... Je suis un peu surpris par le mode opératoire, qui consiste à plonger les feuilles dans le pot, puis une bonne dose de poudre aussi, puis enfin de verser plusieurs fois le liquide du pot dans des verres, afin de finalement déguster un excellent... thé à la menthe.
Les gens du coin sont tous très amicaux, sont très ouverts («Viens voir, même si tu ne veux rien acheter, ça me fait plaisir!», «Salut, tu vas bien? Ici c'est tranquille hein? Quand tu veux, tu peux venir faire un tour à la boutique») et nous racontent des histoires qui se terminent en général par la visite d'une échoppe avec des tas de bidules à vendre (et des remises de prix parce qu'on est amis).
Jusqu'ici on s'en est sortis avec de vagues «On vient d'arriver, laissez nous le temps de souffler, on passera demain» sauf que du coup, je pense qu'on est attendus demain dans une bonne dizaine de ces échoppes, il va encore falloir ruser.
Sunday, March 6, 2011
Mi. 16 Feb. - Dakar
On peut imaginer pire, comme première impression.C'est sur cette vue qu'a commencé notre court séjour au Sénégal, où j'étais invité pour donner quelques présentations dans le cadre d'un G|Africa day de Google.
Il a fait exactement ensoleillé comme ça pendant toute la semaine, ce n'est qu'une fois rentrés à Zürich qu'on a retrouvé froid, grisaille, crachin et tout ce dont on avait bien confortablement oublié jusqu'à l'existence. De manière parfaitement irrationnelle, on a passé la semaine inquiets, à sonder chaque jour nos entrailles à la recherche d'un signe trahissant la présence d'une maladie exotique dont les guides de voyages et le médecin des maladies tropicales nous avait tant vanté les mérites (La malaria! La fièvre jaune! La polio! Vous serez pas déçus, vous en aurez pour votre argent: fièvres, vomissements, tétanie, séquelles, un vrai show!) et bien évidemment la maladie, c'est au retour, quand on a passé la journée à se trimballer dehors par -1°C avec nos corps encore tout enveloppés du douillet souvenir de ce soleil mais de pas grand chose d'autre — le même souvenir oblige! — qu'elle nous est tombée dessus, une crève de la plus commune banalité. Et voilà pour l'exotisme.
La première chose qu'on a décidé de faire à Dakar, c'est s'en aller: non que ce soit une ville particulièrement déplaisante, mais il n'y a pas grand chose à y faire, et on aurait l'occasion d'y revenir pour la conférence...
Donc, première idée pour sortir de là: Le train. On a bien trouvé un bâtiment arborant l'enseigne de Régie des chemins de fer du Sénégal, qui sert d'abri à ce qui semble être des sans-abri, mais n'a pas les éléments attendus d'une gare de chemin de fer: guichets, controleurs, horaires, information, ni même... train. On apprend en effet que le (le!) train passera peut-être cette semaine.
Wednesday, February 9, 2011
Mi. 9 Feb. 2011 - Inch Allah
Un peu victime de mon travail, je subis moi aussi des tas de pubs quand je me trimballe sur le net. En particulier, cette fois, c'était vraiment mon rayon puisque j'étais en train de mater quelques vidéos sur YouTube (comble de l'affaire, je regardais des vidéos de pub pour préparer une présentation que je dois donner sur le sujet la semaine prochaine).
Une fois n'est pas coutume, l'encart publicitaire a retenu mon attention: un site de rencontres parmi tant d'autres, si ce n'est que celui-là ciblait une population bien déterminée: «Inch Allah, une rencontre si Dieu le veut.»
Curieux, j'ai suivi le lien (pour voir ce que Dieu me réservait, probablement), et j'ai trouvé le résultat fort cynique: Dieu est d'humeur facétieuse! Ou alors, mes collègues sont très forts et savent que fiancé, je n'ai rien à faire sur ce genre de site?...
Une fois n'est pas coutume, l'encart publicitaire a retenu mon attention: un site de rencontres parmi tant d'autres, si ce n'est que celui-là ciblait une population bien déterminée: «Inch Allah, une rencontre si Dieu le veut.»
Curieux, j'ai suivi le lien (pour voir ce que Dieu me réservait, probablement), et j'ai trouvé le résultat fort cynique: Dieu est d'humeur facétieuse! Ou alors, mes collègues sont très forts et savent que fiancé, je n'ai rien à faire sur ce genre de site?...
Sunday, December 19, 2010
Fr. 17 Nov. - Post Orgasmic Chill [Skunk Anansie]
En mettant de l'ordre chez moi (ça arrive...), je suis tombé sur une caisse pleine de CDs de musique enfouie au fond d'un tiroir. Ma première réaction était celle de l'enfant redécouvrant un vieux trésor: l'anticipation de plein de bons souvenirs et remettre la main sur toute cette musique jadis adorée et tombée depuis dans les oubliettes suite à de nombreux déménagements.
L'euphorie a été de courte durée puisque je me suis vite rendu compte, après le «Aaaaah! C'est là qu'ils sont, tous mes CD de Hooverphonic!», que leur contenu intégral est en fait déjà sur mon disque dur, soit que je l'aie copié en temps utile depuis lesdits CDs, soit (plus probablement) que j'aie fait appel à un backup des mêmes CDs qu'un gentil internaute anonyme a eu la présence d'esprit de mettre online, précisément pour les gens qui déménagent beaucoup et qui perdent leurs CDs puissent au moins en retrouver les contenus.
Et bon, toute cette histoire a emmené mon esprit vagabond (l'esprit vagabonde pas mal, quand les mains se battent avec un balai et des chiffons) vers la prise de conscience que j'ai été témoin du cycle de vie complet du CD.
(à suivre...)
L'euphorie a été de courte durée puisque je me suis vite rendu compte, après le «Aaaaah! C'est là qu'ils sont, tous mes CD de Hooverphonic!», que leur contenu intégral est en fait déjà sur mon disque dur, soit que je l'aie copié en temps utile depuis lesdits CDs, soit (plus probablement) que j'aie fait appel à un backup des mêmes CDs qu'un gentil internaute anonyme a eu la présence d'esprit de mettre online, précisément pour les gens qui déménagent beaucoup et qui perdent leurs CDs puissent au moins en retrouver les contenus.
Et bon, toute cette histoire a emmené mon esprit vagabond (l'esprit vagabonde pas mal, quand les mains se battent avec un balai et des chiffons) vers la prise de conscience que j'ai été témoin du cycle de vie complet du CD.
(à suivre...)
Fr. 17 Nov. - Topolino [Lush]
1. La révolution numérique, 1989
Je me souviens encore l'achat en 1989 de mon premier CD (... avant même l'achat de mon premier lecteur de CD quelques mois plus tard, ne cherchez pas la logique), tout le fatras marketing au sujet de la "pureté du son digital", les labels "AAD", "DDD", les incontournables ré-éditions "son remasterisé numériquement", et le prix lui aussi adapté au numérique (l'album vinyl se vendait à 450 Francs Belges, et le même CD à 700, mais ça valait sûrement le coup parce que le son numérique ADD sonnait tellement plus pur que le son démodé et vieillot du vinyl... ah non?).
Pour moi, les années 90, c'étaient celles (bénies!) de la Brit Pop (Lush, Happy Mondays, la guéguerre Blur vs. Oasis) et du post-grunge US (Pixies, Nirvana etc.)... Autant dire un son délicat et subtil qui a bien besoin de toute la perfection digitale pour en apprécier toutes les nuances!
Période musicalement intense que j'ai donc traversée avec une surtaxe de 40% «pour éviter de faire couler le marché du vinyl précipitamment» (sisi! c'est l'excuse mainte fois répétée par mondeal disquaire favori). Mais bon au passage, je recevais mes doses de musique dans des petites boîtes en plastique et pas dans des grandes pochettes en carton: plus pratiques, je pouvais donc en acheter plus à la fois (sauf que ça coinçait plus vite au niveau du terminal de la carte-banque).
Mais quand on aime on ne compte pas, et je me suis donc retrouvé en un temps record inondé d'une montagne de boîtes de plastiques.
Ensuite, on s'est rendu compte que le CD, objet prétendument éternel dans sa perfection, se retrouvait souvent griffé après quelques dizaines d'écoutes; qui plus est, le lecteur CD, nettement moins éternel, se mettait après un ou deux ans à ajouter sa propre créativité aux œuvres musicales numériques, sous forme de sauts de sillons, répétitions indésirées et autres...
Les spécialistes en blâmaient la stabilité précaire du mécanisme de lecture (enfin en général, ils blâmaient le problème contre lequel justement le dernier modèle en vitrine avait une parade absolue), et je me souviens avoir acheté un modèle haut de gamme qui résolvait ce problème à grands renforts de mécanique de stabilisation... à peu-près au moment où le lecteur de CD bas de gamme trouvait une place pour 20 Euros dans chaque ordinateur où tous ces problèmes étaient parfaitement inexistants (y compris dans les portables), pour le coût d'une petite mémoire tampon entre ledit CD et la restitution du son. J'avais payé pas loin du prix d'un ordinateur complet, pour la machine super-sophistiquée qui arriverait enfin à extraire de ces fameux CDs la quintessence de la pureté numérique inaltérée de leur contenu, et ce avec une espérance de vie considérablement plus élevée que celle de la garantie (ils n'ont d'ailleurs pas menti, la machine existe et fonctionne toujours et est même encore utilisée, deux fois par an!)
Je me souviens encore l'achat en 1989 de mon premier CD (... avant même l'achat de mon premier lecteur de CD quelques mois plus tard, ne cherchez pas la logique), tout le fatras marketing au sujet de la "pureté du son digital", les labels "AAD", "DDD", les incontournables ré-éditions "son remasterisé numériquement", et le prix lui aussi adapté au numérique (l'album vinyl se vendait à 450 Francs Belges, et le même CD à 700, mais ça valait sûrement le coup parce que le son numérique ADD sonnait tellement plus pur que le son démodé et vieillot du vinyl... ah non?).
Pour moi, les années 90, c'étaient celles (bénies!) de la Brit Pop (Lush, Happy Mondays, la guéguerre Blur vs. Oasis) et du post-grunge US (Pixies, Nirvana etc.)... Autant dire un son délicat et subtil qui a bien besoin de toute la perfection digitale pour en apprécier toutes les nuances!
Période musicalement intense que j'ai donc traversée avec une surtaxe de 40% «pour éviter de faire couler le marché du vinyl précipitamment» (sisi! c'est l'excuse mainte fois répétée par mon
Mais quand on aime on ne compte pas, et je me suis donc retrouvé en un temps record inondé d'une montagne de boîtes de plastiques.
Ensuite, on s'est rendu compte que le CD, objet prétendument éternel dans sa perfection, se retrouvait souvent griffé après quelques dizaines d'écoutes; qui plus est, le lecteur CD, nettement moins éternel, se mettait après un ou deux ans à ajouter sa propre créativité aux œuvres musicales numériques, sous forme de sauts de sillons, répétitions indésirées et autres...
Les spécialistes en blâmaient la stabilité précaire du mécanisme de lecture (enfin en général, ils blâmaient le problème contre lequel justement le dernier modèle en vitrine avait une parade absolue), et je me souviens avoir acheté un modèle haut de gamme qui résolvait ce problème à grands renforts de mécanique de stabilisation... à peu-près au moment où le lecteur de CD bas de gamme trouvait une place pour 20 Euros dans chaque ordinateur où tous ces problèmes étaient parfaitement inexistants (y compris dans les portables), pour le coût d'une petite mémoire tampon entre ledit CD et la restitution du son. J'avais payé pas loin du prix d'un ordinateur complet, pour la machine super-sophistiquée qui arriverait enfin à extraire de ces fameux CDs la quintessence de la pureté numérique inaltérée de leur contenu, et ce avec une espérance de vie considérablement plus élevée que celle de la garantie (ils n'ont d'ailleurs pas menti, la machine existe et fonctionne toujours et est même encore utilisée, deux fois par an!)
Fr. 17 Nov. - The Alternative [I am X]
2. (Re-) passez par la case "tiroir-caisse", 1994
En moins de 5 ans, le CD avait envoyé le vinyl aux oubliettes, les chaînes hi-fi (tiens, un autre truc du passé...) n'avaient en général plus de turntable, Ikea vendait des meubles à CDs de toutes formes et couleurs... et comme mes bons vieux vinyls ne rentraient ni dans les meubles d'Ikea ni dans le lecteur CD, j'ai bien dû me résoudre à les remiser dans une caisse dans la cave et... en racheter une bonne partie au nouveau format, si je voulais continuer à les écouter! Ca tombait assez bien: les maisons de disques, dans leur grandeopportuni... mansuétude, bombardaient le marché de rééditions, compilations, intégrales, «Avec un livret et des photos!» pour permettre à leurs fidèles pigeons clients de faire la transition sans douleur (et au prix modique d'une marge bénéficiaire de 98%).
Selon moi, la plus grande révolution amenée par le CD est le shuffle, qui permettait d'écouter le même album pour la 150ème fois sans savoir exactement à chaque instant quelle sera la note suivante. C'est d'ailleurs aussi sa principale limite, puisque la lecture aléatoire d'un album de 12 titres ne tient aujourd'hui pas la comparaison face à celle de mon entière musicothèque de 4000. Certains concepteurs fantaisistes sont bien arrivés avec des machines capables de lire 4 ou 8 CDs, mais ça sentait déjà le sursaut d'une technologie moribonde.
Simplement fabuleux!
En tant qu'objet, le CD n'a jamais vraiment transcendé le morceau de plastique qu'il est: même emballé dans un coffret Collector, il fait pâle figure à côté des vinyls et des créations splendides qui étaient faites de leurs pochettes (ou même parfois du disque lui-même... je me souviens de ces maxis de Depeche Mode bariolés, des vraies œuvres d'art!) D'ailleurs les vrais professionnels de la musique, les DJs eux, ne s'y sont pas laissés tromper et n'ont jamais vraiment adopté le CD.
En moins de 5 ans, le CD avait envoyé le vinyl aux oubliettes, les chaînes hi-fi (tiens, un autre truc du passé...) n'avaient en général plus de turntable, Ikea vendait des meubles à CDs de toutes formes et couleurs... et comme mes bons vieux vinyls ne rentraient ni dans les meubles d'Ikea ni dans le lecteur CD, j'ai bien dû me résoudre à les remiser dans une caisse dans la cave et... en racheter une bonne partie au nouveau format, si je voulais continuer à les écouter! Ca tombait assez bien: les maisons de disques, dans leur grande
Selon moi, la plus grande révolution amenée par le CD est le shuffle, qui permettait d'écouter le même album pour la 150ème fois sans savoir exactement à chaque instant quelle sera la note suivante. C'est d'ailleurs aussi sa principale limite, puisque la lecture aléatoire d'un album de 12 titres ne tient aujourd'hui pas la comparaison face à celle de mon entière musicothèque de 4000. Certains concepteurs fantaisistes sont bien arrivés avec des machines capables de lire 4 ou 8 CDs, mais ça sentait déjà le sursaut d'une technologie moribonde.
En tant qu'objet, le CD n'a jamais vraiment transcendé le morceau de plastique qu'il est: même emballé dans un coffret Collector, il fait pâle figure à côté des vinyls et des créations splendides qui étaient faites de leurs pochettes (ou même parfois du disque lui-même... je me souviens de ces maxis de Depeche Mode bariolés, des vraies œuvres d'art!) D'ailleurs les vrais professionnels de la musique, les DJs eux, ne s'y sont pas laissés tromper et n'ont jamais vraiment adopté le CD.
Fr. 17 Nov. - Funeral [The Arcade Fire]
3. L'inéluctable...
Comme souvent, les créateurs et promoteurs du nouveau produit n'ont rien compris à la portée du nouveau concept, tout occupés qu'ils étaient à en tirer le plus de profit possible, et à devoir concentrer le gros de leur créativité sur comment dépenser toute cette nouvelle richesse acquise à ne rien foutre.
«Quand le sage montre la dématérialisation des œuvres, le fou voit de juteuses marges bénéficiaires»... En vendant à 20 Euros un bout de plastique qui en vaut 1 tout au plus, certains esprits (probablement embrumés par une coke jaillissant en quantité proportionnelle) se sont installés confortablement dans cette réalité d'une bonne dizaine d'Euros de profit par bout de plastique vendu et n'ont pas vu venir l'inéluctable évolution du moment où tout ce bazar est devenu possible sans l'intermédiaire encombrant et peu pratique du plastique: Si je veux écouter ma musique chez moi, au bureau, dans la rue, dans ma voiture ou la faire découvrir à un pote, le CD devient un objet encombrant qui n'est utile que lors de la première étape, et encore...
En 2000, un étudiant américain enfonce un pieu en plein cœur du vampirique CD en poussant la dématérialisation une étape plus loin: si c'est digital, ça s'échange sur le réseau. Plus de plastique, plus de pochette, plus de disquaire, plus de vente.
Et en effet, depuis lors, je n'ai probablement plus acheté de CD que lorsque j'ai dû les offrir, parce que pour un cadeau, il faut bien un emballage...
Comme souvent, les créateurs et promoteurs du nouveau produit n'ont rien compris à la portée du nouveau concept, tout occupés qu'ils étaient à en tirer le plus de profit possible, et à devoir concentrer le gros de leur créativité sur comment dépenser toute cette nouvelle richesse acquise à ne rien foutre.
«Quand le sage montre la dématérialisation des œuvres, le fou voit de juteuses marges bénéficiaires»... En vendant à 20 Euros un bout de plastique qui en vaut 1 tout au plus, certains esprits (probablement embrumés par une coke jaillissant en quantité proportionnelle) se sont installés confortablement dans cette réalité d'une bonne dizaine d'Euros de profit par bout de plastique vendu et n'ont pas vu venir l'inéluctable évolution du moment où tout ce bazar est devenu possible sans l'intermédiaire encombrant et peu pratique du plastique: Si je veux écouter ma musique chez moi, au bureau, dans la rue, dans ma voiture ou la faire découvrir à un pote, le CD devient un objet encombrant qui n'est utile que lors de la première étape, et encore...
En 2000, un étudiant américain enfonce un pieu en plein cœur du vampirique CD en poussant la dématérialisation une étape plus loin: si c'est digital, ça s'échange sur le réseau. Plus de plastique, plus de pochette, plus de disquaire, plus de vente.
Et en effet, depuis lors, je n'ai probablement plus acheté de CD que lorsque j'ai dû les offrir, parce que pour un cadeau, il faut bien un emballage...
Saturday, December 18, 2010
Do. 16 Nov. - The Castle (suite)
Jeudi matin, après avoir rassemblé une quantité non-négligeable de papiers, timbres, tampons et sceaux, j'ai emmené le tout vers das Migrationsamt, l'antichambre du château, où les manants sont reçus, afin que les papiers puissent être dûment vus, inspectés et validés avant de leur permettre de s'aventurer plus loin sur le territoire national.
L'endroit est très semblable à ce qu'on peut en attendre: un lieu officiel béton-verre(*), où l'on a fait de grands efforts pour effacer toute trace de ludique ou de fantaisie, et bien faire comprendre aux clients qu'ici, Es wird nicht gelacht.

Mais de là à pousser la déco jusqu'à cribler l'entrée d'impacts de balles d'armes à feu, je trouve qu'ils ont poussé le bouchon un peu loin...
A moins que les choses ne ressemblent finalement plus à Al Pacino qu'à Kafka, et que comme on est en décembre et que les quotas d'immigrants sont remplis, c'est comme ça qu'on fait ici pour ne pas les dépasser?...
(*) Ca sonne un peu cocktail cette expression, non? Ça fait un peu Picon-bière ou Vodka-martini, quoi que peu Vodka-martini tout compte fait.
L'endroit est très semblable à ce qu'on peut en attendre: un lieu officiel béton-verre(*), où l'on a fait de grands efforts pour effacer toute trace de ludique ou de fantaisie, et bien faire comprendre aux clients qu'ici, Es wird nicht gelacht.

Mais de là à pousser la déco jusqu'à cribler l'entrée d'impacts de balles d'armes à feu, je trouve qu'ils ont poussé le bouchon un peu loin...
A moins que les choses ne ressemblent finalement plus à Al Pacino qu'à Kafka, et que comme on est en décembre et que les quotas d'immigrants sont remplis, c'est comme ça qu'on fait ici pour ne pas les dépasser?...
(*) Ca sonne un peu cocktail cette expression, non? Ça fait un peu Picon-bière ou Vodka-martini, quoi que peu Vodka-martini tout compte fait.
Saturday, November 27, 2010
Fr. 26 Nov - The Castle [Kafka]
Dans la foulée de mes aventures en Tchéquie, je me suis mis à lire Kafka. C'est l'hiver, le personnage du roman arrive dans un village en Bohème (ou par là), il tombe amoureux et puis sa vie s'enlise dans un marécage administratif inextricable, où chaque pas ne le fait que s'enfoncer un peu plus profond dans la mélasse. Je suis plein de compassion et de compréhension pour ce bonhomme...
Nous avons décidé, avec Shikha, qu'il devait d'une manière ou d'une autre y avoir un moyen pour se voir sans devoir acheter un billet des semaines à l'avance et passer par un contrôle de sécurité, deux aéroports et trois gares. Par exemple en vivant dans le même appartement. C'est pas compliqué: on prend ses affaires, on les amène chez moi et voilà, c'est chose faite.
Eh bien non: C'est compliqué. Je me retrouve projeté en plein moyen-âge, dans une quête où, pour délivrer ma princesse qui est retenue prisonnière dans un donjon et la ramener chez moi, je dois reconstituer un ancien parchemin avec une formule secrète qui brisera l'enchantement qui la maintient dans le donjon. Le parchemin a été déchiré en 8 morceaux, qui ont été confiés à 8 sages différents en des temps immémoriaux, et qui ont été transmis depuis à leurs descendants, ou volés, ou perdus. Le maître du donjon m'a transmis une énigme cryptée (en langage germanique ancien) avec des indices sur les lieux ou personnes que je dois visiter pour me procurer les 8 pièces du parchemin. Comme dans tout bon roman d'aventure, l'histoire a plutôt bien commencé parce qu'il se fait que le morceau n°7 est délivré chaque mois dans ma boîte à lettres par les descendants du sage Péroll, et que Shikha elle-même était dépositaire du morceau n°1 (un petit grimoire qu'elle garde toujours avec elle), qu'elle a vite fait de maîtriser et de coller sur la vitre d'un scanner, et avant qu'il ait pu dire ouf, le grimoire s'est trouvé tout copié dans ma boîte mail.
Optimiste à la suite de ces victoires faciles, je me suis lancé hier dans une tournée des Kreisburo de la ville, où je devais pour le prix de quelques incantations en celte ancien (et vingt balles), recevoir des Betreibungsregisterauszug des Wohngemeinden (c'est un peu comme des marrons chauds, mais moins bon). En moins d'une journée, j'avais abattu la tâche n°8!
Tout ça se passait évidemment jusque là bien trop facilement et c'est ce matin que la sorcière du Stadthaus, qui détient le morceau n°4, a dévoilé son jeu et m'a appris que celui-là vendrait chèrement sa pulpe: c'est à lui seul une quête dans la quête, il faut recréer un philtre magique dont la récolte des ingrédients nous mènera des steppes enneigées de Moravie jusqu'à la cité latine du nord assiégée par les phalanges du Schildenvriend, en passant par la route des épices et les délices de l'Orient.
Bref, on n'est pas sortis de l'auberge (à l'inverse du personnage de Kafka, qui lui vient de se faire sortir de son auberge, tiens...). En tous cas, Shikha elle, n'est pas sortie du donjon!
Nous avons décidé, avec Shikha, qu'il devait d'une manière ou d'une autre y avoir un moyen pour se voir sans devoir acheter un billet des semaines à l'avance et passer par un contrôle de sécurité, deux aéroports et trois gares. Par exemple en vivant dans le même appartement. C'est pas compliqué: on prend ses affaires, on les amène chez moi et voilà, c'est chose faite.
Eh bien non: C'est compliqué. Je me retrouve projeté en plein moyen-âge, dans une quête où, pour délivrer ma princesse qui est retenue prisonnière dans un donjon et la ramener chez moi, je dois reconstituer un ancien parchemin avec une formule secrète qui brisera l'enchantement qui la maintient dans le donjon. Le parchemin a été déchiré en 8 morceaux, qui ont été confiés à 8 sages différents en des temps immémoriaux, et qui ont été transmis depuis à leurs descendants, ou volés, ou perdus. Le maître du donjon m'a transmis une énigme cryptée (en langage germanique ancien) avec des indices sur les lieux ou personnes que je dois visiter pour me procurer les 8 pièces du parchemin. Comme dans tout bon roman d'aventure, l'histoire a plutôt bien commencé parce qu'il se fait que le morceau n°7 est délivré chaque mois dans ma boîte à lettres par les descendants du sage Péroll, et que Shikha elle-même était dépositaire du morceau n°1 (un petit grimoire qu'elle garde toujours avec elle), qu'elle a vite fait de maîtriser et de coller sur la vitre d'un scanner, et avant qu'il ait pu dire ouf, le grimoire s'est trouvé tout copié dans ma boîte mail.
Optimiste à la suite de ces victoires faciles, je me suis lancé hier dans une tournée des Kreisburo de la ville, où je devais pour le prix de quelques incantations en celte ancien (et vingt balles), recevoir des Betreibungsregisterauszug des Wohngemeinden (c'est un peu comme des marrons chauds, mais moins bon). En moins d'une journée, j'avais abattu la tâche n°8!
Tout ça se passait évidemment jusque là bien trop facilement et c'est ce matin que la sorcière du Stadthaus, qui détient le morceau n°4, a dévoilé son jeu et m'a appris que celui-là vendrait chèrement sa pulpe: c'est à lui seul une quête dans la quête, il faut recréer un philtre magique dont la récolte des ingrédients nous mènera des steppes enneigées de Moravie jusqu'à la cité latine du nord assiégée par les phalanges du Schildenvriend, en passant par la route des épices et les délices de l'Orient.
Bref, on n'est pas sortis de l'auberge (à l'inverse du personnage de Kafka, qui lui vient de se faire sortir de son auberge, tiens...). En tous cas, Shikha elle, n'est pas sortie du donjon!
Tuesday, August 3, 2010
Mo. 2 Aug. - Couchsurfing
Ca doit faire une année maintenant que j'héberge des voyageurs inconnus en quête d'aventure, de rencontres insolites ou de logement pas cher. Ils arrivent chez moi par ma présence sur le site couchsurfing.org, et viennent des 4 coins du monde: Une Indienne en traversant l'Europe en Eurorail, des Norvégiens, un Chinois, un couple Gringo-Péruvien... et aujourd'hui une bande d'ados australiens qui prennent la vie du bon côté pendant 6 mois avant de passer aux choses sérieuses...
Ca me rappelle des tas de bons souvenirs de ma chambre au commu du Chigé2
Très sympas mais très ados aussi, ils ont donné à mon appartement une cure de jouvence: il ressemble maintenant à un logement étudiant: cadavres de canettes de bière, bordel intégral dans la chambre, odeurs de vieilles chaussettes, c'est la totale!
Je suis d'un naturel très confiant, mais je me pose souvent la question de savoir si un de mes hôtes va un jour se tirer avec la caisse (en volant quoi d'ailleurs... mon vieil iPod tout pourri? mon iMac lourd comme une enclume? les machins tout périmés qui traînent dans le frigo?)... Cette fois-ci, je prie plutôt pour qu'ils n'oublient rien ici, que je ne retrouve pas un vieux slip derrière un radiateur. Quoi qu'à bien y réfléchir, ce n'est pas moi qui retrouverai quoi que ce soit, mais le propriétaire quand il fera l'état des lieux de sortie.
Très sympas mais très ados aussi, ils ont donné à mon appartement une cure de jouvence: il ressemble maintenant à un logement étudiant: cadavres de canettes de bière, bordel intégral dans la chambre, odeurs de vieilles chaussettes, c'est la totale!
Je suis d'un naturel très confiant, mais je me pose souvent la question de savoir si un de mes hôtes va un jour se tirer avec la caisse (en volant quoi d'ailleurs... mon vieil iPod tout pourri? mon iMac lourd comme une enclume? les machins tout périmés qui traînent dans le frigo?)... Cette fois-ci, je prie plutôt pour qu'ils n'oublient rien ici, que je ne retrouve pas un vieux slip derrière un radiateur. Quoi qu'à bien y réfléchir, ce n'est pas moi qui retrouverai quoi que ce soit, mais le propriétaire quand il fera l'état des lieux de sortie.
Sunday, August 1, 2010
Sa. 3 Jul. - Wizzair
Pour changer un peu des voyages à Brno ou à Zürich, on a décidé ce week-end de visiter Venise (et puis mourir... ah non, c'est l'autre ça!). Et pour changer aussi, puisqu'on partait de Prague, on a choisi une compagnie aérienne low-cost: Wizzair, qui comme toutes ses consœurs volent dans tous les aéroports de seconde zone partout en Europe, en monnayant absolument toute espèce de service lié au vol (de l'impression de la carte d'embarquement jusqu'au verre d'eau pendant le vol), pour un prix ridiculement bas (par ex. 36 € tout compris aller-retour Charleroi-Prague, le double si je mets mon bagage en soute).
J'ai aussi expérimenté pour la première fois le coup de s'installer où on veut dans l'avion (avec d'office pas de chance pour les quelques derniers qui doivent faire avec les places éparses qui restent... d'où une certaine tension parmi les passagers quand les portes du bus qui nous amène du terminal ouvre ses portes devant l'avion et qui a un vague air de coup de pistolet sur la piste du sprint). Au terme de quoi, alors que je suis en train de me battre avec mes jambes pour les faire rentrer dans le manque d'espace disponible, l'hôtesse nous annonce sans rire: «installez-vous confortablement...» Elle manque pas d'air, tiens, l'hôtesse du même nom!
Et finalement, ils ont aussi dans l'avion une brochure vantant les destinations idylliques de leur réseau: Varsovie, Sofia, Belgrade et... Charleroi! Sans rire, ces gens importent des touristes à Charleroi!
En agrandissant l'image, on voit une description de la ville qui est à peu près au strict opposé de ce que j'en connaissais: à les croire («the city is being revitalised», «... promoting the city's image and potential»), il faudrait féliciter et décorer les Van Cau et autres maïeurs de la ville, loin de les flanquer en prison comme il est de bon ton de faire ces dernières années!
J'ai aussi expérimenté pour la première fois le coup de s'installer où on veut dans l'avion (avec d'office pas de chance pour les quelques derniers qui doivent faire avec les places éparses qui restent... d'où une certaine tension parmi les passagers quand les portes du bus qui nous amène du terminal ouvre ses portes devant l'avion et qui a un vague air de coup de pistolet sur la piste du sprint). Au terme de quoi, alors que je suis en train de me battre avec mes jambes pour les faire rentrer dans le manque d'espace disponible, l'hôtesse nous annonce sans rire: «installez-vous confortablement...» Elle manque pas d'air, tiens, l'hôtesse du même nom!
Et finalement, ils ont aussi dans l'avion une brochure vantant les destinations idylliques de leur réseau: Varsovie, Sofia, Belgrade et... Charleroi! Sans rire, ces gens importent des touristes à Charleroi!
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